Mon avis
Les Délices de Tokyo est un roman qui se révèle être bien plus que ce qu’il paraît.
Au départ, très doux, très gourmand et proche du titre.
Mais c’est trompeur.
C’est une excellente surprise pour moi.
🔥 Mon avis ci-dessous peut comporter des spoilers, je vous laisse voir si vous souhaitez continuer la lecture.
Plus je parcourais les pages, plus je me suis laissée emportée par un voyage initiatique.
Les délices de Tokyo est une histoire de trois personnes qui se rencontrent et contre toute attente vont créer un lien fort et touchant.
Chacun.e portant des blocages.
Chacun.e se sentant dans une prison intime.
Et pourtant, leur rencontre va être le déclencheur d’un basculement dans leur vie.
On y goûte autant aux saveurs qu’aux émotions.
Car oui, j’ai beaucoup voyagé avec mes papilles!
J’en ai eu la bouche qui salivait. J’ai même cherché la recette des Dorayaki!
Mais ce voyage des papilles devient LE fil rouge de l’histoire vers une transformation profonde.
Pour revenir à l’histoire, ce roman interroge notre relation à l’autre et notre perception du monde de la plus belle des plumes.
Il pose la question du choix de vie entre accepter la situation actuelle ou briser ses chaînes pour oser rêver et vivre.
L’image de l’oiseau dans la cage qui n’arrive pas à voler puis qui prend son envol est très belle.
Une métaphore juste sur la situation de Santarō, la mamie et l’adolescente.
Je comprends également que la pâtisserie n’est pas qu’un décor.
La pâtisserie n’était pas juste pour nous faire saliver.
C’est un acte de résistance.
Un acte pour garder le goût de la vie et continuer à se battre pour survivre.
Car derrière « Les délices de tokyo », il y a une dure réalité qu’on vécu les personnes atteintes de la lèpre au Japon.
Ces personnes qui se retrouvent enfermées et séparées de leur famille, de la société.
Le roman montre le regard de la société sur l’inconnu et comment on isole, par peur, des personnes qui dérangent.
Cette peur a coûté et touché des milliers de vies.
Ce rejet qui a rendu la vie plus difficile à continuer pour ces personnes pendant de nombreuses années cloisonnées hors de la société. Car une perte de sens s’est installé.
Une perte de son identité, de son humanité.
Pour notre mamie, faire des pâtisseries, c’est dire oui à la vie coûte que coûte.
C’est affirmer son humanité face à ce rejet.
En conclusion, j’ai beaucoup apprécier sa plume qui est poétique et sensible. Les images sont belles avec l’arbre de cerisiers, les gestes simples par exemple, les images sont durs avec la réalité du terrain.
Un mélange de tendresse et de dureté.
J’ai lu ce roman en audio uniquement et j’ai été transportée. J’ai souri, j’ai pleuré à chaude larme.
J’ai été touchée.
Ce roman, je le recommande fortement.
Aucune idée de comment j’aurai accueilli l’histoire par la lecture ni par le film par contre.
Bon voyage!
Bonus
Un blog qui partage son avis et…. la recette des Dorayakis: https://www.journaldujapon.com/2018/01/07/les-delices-de-tokyo-une-emotion-rare/
Pour la douceur, la connexion à l’autre, je vous invite à lire les mangas Après la pluie et Kowloon.
Pour l’aspect un peu plus dur et original, je vous propose ce roman, La colère et l’envie.



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