Histoire d’une domestication – Camila Sosa Villada

écrit avec amour par:

Résumé

C’est l’histoire d’une comédienne… ou du moins, c’est l’histoire de vie d’une comédienne trans, célèbre et atypique qui décide de fonder une famille, alors que tout semble le lui déconseiller.

Entre ses répétitions et son quotidien, on découvre son parcours, ses désirs, ses revendications et le regard que la société pose sur elle.

Un roman cru, élégant et érotique, écrit avec une justesse troublante.

À découvrir de toute urgence.

Couverture de livre Histoire d'une domestication

Mon avis

Ce roman pourrait être mis dans la catégorie des inclassables de par son originalité, sa plume unique ainsi que les thématiques qui y sont abordées.

Une couleur atypique

Les premières pages annoncent la couleur.

Camila Sosa Villada décrit le « pour quoi » elle choisit cette pièce de Jean Cocteau et comment la comédienne souhaite s’y imprégner et donner jusqu’au moindre détail. On a l’envers du décor et l’après.

L’écrivaine met l’accent sur la volonté ardue de la comédienne pour qu’elle réalise ce qu’elle a en tête, par tous les moyens possibles et contre tous.

Et pourtant, elle réussit. Et ça fonctionne. Chaque spectateur qui vient pour une raison plus ou moins « noble ».

De par une écriture hyper bien posée et déposée et aussi une écriture crue à faire tressauter un public non averti.

Et pourtant, cette plume a été choisie pour de bonnes raisons dont le rapport avec la liberté et sortir de ce que la société veut nous imposer.

Domestication

Ce terme, j’avoue avoir bloqué dessus en lisant le titre du roman. Je me souviens m’être demandée:

  • « qu’est-ce que cela veut dire? »
  • « Pour quoi ce choix de titre? »

Cela sonne comme une rébellion, comme une volonté de toucher le/la lecteur.trice sur un point particulier.

Et elle a réussi à merveille.

Au début de la lecture, je me laisse emporter par sa liberté d’écriture, par la découverte de la vie de la comédienne.

Et pourtant, je ne sais pas où je vais. Je ne sais pas où l’autrice veut m’emmener.

Et pourtant, je le sais, elle a un fil rouge et elle nous y emmène au fil des mots, au fil des pages.

Et puis, sans crier gare, je saisis. Tout devient plus clair et je comprends enfin le choix de ce titre.

Un titre si bien choisi au final.

Je comprends ce pour quoi elle se bat, je comprends tout ce qui est mis en avant:

  • le rapport avec la société,
  • le regard que l’on peut apporter,
  • la vie des femmes trans ainsi que le regard porté envers elles
  • le regard qu’elles se portent envers elles vis-à-vis de l’homme
  • les difficultés rencontrées sur plusieurs prismes
  • la notion de « normalisation sociétale » et ses fléaux
  • le rapport au désir,
  • la notion de possession
  • une revendication
  • les inégalités
  • etc.

Je pense comprendre ce que la comédienne revendique et ce pour quoi elle se bat.

Et pourtant, elle se voit prise elle-même dans un tournant qui la dépasse.

La non-identité

On remarquera vite un choix fin et pourtant très percutant de ne pas nommer les personnages:

  • la comédienne …
  • le fils de la comédienne …
  • l’avocat …
  • les lesbiennes …
  • le gardien …
  • le mari de la comédienne …
  • le metteur en scène …
  • le frère …

Un choix judicieux sur le comment l’autrice veut nous faire vivre l’histoire qui finalement permet de sortir d’une identité spécifique d’une personne en particulier.

Je me retrouve à me dire que chacun peut être un des personnages. La porte est ouverte, il n’y a plus de frontières d’identification.

À nous de comprendre ce qu’il y a à comprendre.

La fin d’histoire d’une domestication

Une fin qui pour moi n’aurait pas pu être mieux faite.

Je trouve qu’elle est hyper bien menée. La boucle est bouclée.

« Histoire d’une domestication », un roman dont notre héroïne, comédienne, est atypique et qui m’a touchée dans sa lutte pour sa liberté.

Liberté d’être.

Une écriture osée et intelligente que je conseille fortement de lire.

Une pépite dans la catégorie des inclassables.

Pour qui ?

Un public averti et ouvert. En effet, certaines scènes sont crues et le sujet est frontal.

À lire si tu aimes les romans qui bousculent les normes et les récits de vie hors du commun.

4ème couverture du livre Histoire d'une domestication
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